Concerts

Aux sources de la symphonie

Pour son concert d’abonnement du 22 mars dernier à l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines, l’Orchestre de Chambre de Toulouse a programmé un voyage au pays de la symphonie classique. Cette courte période d’un petit demi-siècle (1750-1800) et qui a néanmoins donné son nom à toute l’histoire de la musique, témoigne d’une étonnante fertilité dans le domaine orchestral. Ainsi que l’indique Gilles Colliard en début de concert, les formes musicales prennent le dessus sur les débordements, les affects de l’époque baroque, avant de se voir bousculées par les élans du romantisme.

A côté des deux emblèmes incontournables de la période que sont Mozart et Haydn, Gilles Colliard rend hommage à deux compositeurs plus discrets, moins souvent invoqués et néanmoins fortement impliqués dans ce mouvement, Boccherini et Pleyel. A cette occasion, quatre instruments à vent rejoignent les cordes de l’Orchestre de Chambre. Les deux hautbois, Hélène Mourot et Frédéric Hilar, et les deux cors, Lionel Renoux et Laurent Fort, apportent le fruité de leurs sonorités à la volubilité des cordes.

Gilles Colliard et les musiciens de l’Orchestre de Chambe de Toulouse
lors du concert

du 22 mars 2011
(Photo Classictoulouse)

L’enfant Mozart n’a que dix-huit ans lorsqu’il compose sa 17ème symphonie en sol majeur qui ouvre la soirée. La vitalité qui s’y manifeste, la vigueur des rythmes de l’Allegro initial, le style galant de l’Andante, si caractéristique de cette époque, et la robustesse des développements de l’Allegro final brossent un tableau haut en couleur de l’écriture mozartienne. La contribution des vents confère de belles couleurs à cette partition étonnante.

Avec Luigi Boccherini, Italien marqué par son long séjour à la cour d’Espagne, le chant s’insère dans la mélodie. Sa science du violoncelle, qu’il pratiquait en virtuose, lui dicte un deuxième mouvement de sa symphonie n° 11 presque entièrement dédié à cet instrument chaleureux, dont le pupitre est tenu avec autorité par Anne Gaurier et Pauline Lacambra. Le troisième volet alterne solennité et ruptures de ton.

L’apothéose symphonique réside indéniablement dans la symphonie n° 64 de Joseph Haydn dont l’imagination musicale ne connaît pas de limite. Baptisée « Tempora mutantur » (Les temps changent), cette formidable partition possède un relief incroyable. L’Allegro spirituoso initial n’hésite devant aucune audace de modulation, alors que les étranges silences du Largo coupent le souffle. La danse saisit le troisième volet alors que le final plonge un instant dans la violence « Sturm und Drang » de l’époque.

C’est avec Ignace Pleyel, musicien d’origine autrichienne et naturalisé français, que s’achève le programme officiel du concert. Plus connu pour son invention du pianoforte aux cordes frappées, il n’en est pas moins un compositeur de grand talent. Sa symphonie n° 3 en ré majeur prend par instants des accents beethovéniens. L’élégance des phrasés n’occulte rien des débordements préromantiques. Ainsi en est-il des étranges contrastes expressifs du deuxième mouvement opposant langueur et fureur.

La dernière surprise que nous réservait Gilles Colliard retrouve Mozart. Mais vraiment l’enfant Mozart, puisque le mouvement lent ainsi offert est l’œuvre d’un gamin de huit ans ! Stupéfiant morceau qui n’hésite pas à explorer d’audacieuses dissonances… Amadeus ne cessera jamais de nous étonner.

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