Festivals

Jeux de miroirs

L’Orchestre du Capitole, dirigé par Fabien Gabel, participait au concert particulièrement original du 4 octobre qui offrait une double première aux spectateurs réunis dans la nef principale de la cathédrale Saint-Etienne.

Chacune des deux œuvres du 20ème siècle inscrites au programme étaient présentées dans deux versions différentes : l’une pour orgue et l’autre pour orchestre.

L’orgue de la cathédrale Saint-Etienne et l’Orchestre du Capitole

(photo Francis Bacon)

 
Comme en un étrange jeu de miroir, la première partition, les Trois Danses de 1940, signées Jehan Alain, était d’abord jouée dans sa version originale pour orgue, puis dans une habile transcription pour orchestre symphonique de Luc Antonini.

La seconde œuvre, qui porte le même titre, Trois Danses, composée en 1932 par Maurice Duruflé, était exécutée d’abord dans sa transcription pour orgue de Vincent Warnier et William Whitehead, puis dans sa version orchestrale originale.

Le jeu des comparaisons permettait ainsi de découvrir les qualités complémentaires des versions successives d’une même œuvre, chacune révélant des aspects différents de la même partition.

En outre, la découverte sur écran géant du travail incroyablement complexe de l’organiste, d’ordinaire bien caché derrière le buffet de l’orgue, apportait un élément supplémentaire d’appréciation de son travail.

Jouée par Vincent Warnier, la version originale des trois danses de Jehan Alain, sonne d’une manière plus incisive et curieusement plus « moderne » que son orchestration. Laquelle déploie des coloris, une opulence plus évidente accompagnée d’un tempo nettement plus retenu.

La version pour orgue du triptyque de Duruflé, jouée en alternance par Vincent Warnier et William Whitehead, dégage bien les lignes de force de cette riche partition. Elle n’en dilue pas moins le relief coloré de la version originale dans laquelle la rutilance de l’instrumentation joue un rôle fondamental. Jusqu’à la péroraison des bassons qui évoque étonnamment un certain « Apprenti Sorcier »…

Un grand bravo aux deux organistes et à l’Orchestre du Capitole dont la richesse des timbres étaient admirablement dosée par Fabien Gabel.

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