Le 12 octobre prochain, la somptueuse Messe de Requiem de Giuseppe Verdi est inscrite au programme du grand concert d’ouverture de la 41ème saison des Grands Interprètes. L’exécution de cette partition monumentale réunit l’ensemble instrumental Le Cercle de l’Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer et le Chœur Orfeón Donostiarra, placé sous la direction de José Antonio Sainz Alfaro.
Giuseppe Verdi composa sa Messa da Requiem à la mémoire du poète Alessandro Manzoni, mort en 1873, et qui s’était engagé comme lui pour l’unité italienne au sein du Risorgimento, dans un idéal de justice et d’humanité. Après avoir connu le succès avec l’opéra Aida en 1871, le compositeur considérait ce Requiem comme la fin et le couronnement de sa carrière.
L’œuvre a comme origine une commande passée à plusieurs compositeurs italiens pour écrire une messe de requiem à la mémoire de Gioacchino Rossini mort le 13 novembre 1868, pour laquelle Verdi composa la treizième et dernière partie, le Libera me. La Messa per Rossini n’ayant jamais été exécutée, Verdi envisagea rapidement de composer un Requiem entier à partir du Libera me mais le projet ne prit forme qu’avec la mort de Manzoni.
La création de l’œuvre eut lieu le jour du premier anniversaire de la mort de Manzoni, le 22 mai 1874 en l’église San Marco de Milan sous la direction du compositeur lui-même. Le Requiem fut accueilli avec un grand enthousiasme et trois autres exécutions furent réalisées à la Scala. Verdi dirigea le Requiem huit jours après à Paris, à l’Opéra-Comique, puis en 1875 à Londres et à Vienne. En Allemagne, les premières ont eu lieu en décembre 1875 à Cologne et Munich.
Le texte et la structure de l’œuvre correspondent presque parfaitement à la liturgie catholique romaine du service des morts. La distribution correspond à celle d’un orchestre d’opéra d’une centaine d’exécutants (similaire à celle de Don Carlos) avec quatre solistes et un chœur.

Le Cercle de l’Harmonie
Ensemble novateur, reconnu pour le caractère, la spécificité de ses interprétations et sa sonorité transparente et dynamique, Le Cercle de l’Harmonie est l’un des plus importants ensembles à aborder le répertoire classique et romantique sur instruments d’époque. Près de 20 ans après sa création, l’orchestre continue son exploration sous la baguette de Jérémie Rhorer, porté par des musiciens toujours aussi passionnés. Formé à l’école d’Emil Tchakarov, Jérémie Rhorer se nourrit des interprétations de Nikolaus Harnoncourt avant de faire ses premières armes aux côtés de William Christie et de Marc Minkowski. Il est dès lors intimement convaincu que la volonté du compositeur ne peut réellement se comprendre qu’à partir des couleurs sonores que ce dernier avait à sa disposition pour composer : les instruments de son époque.

L’Orfeón Donostiarra
Quant à l’Orfeón Donostiarra, il n’est plus à présenter au public toulousain. Fondé en 1897 à San Sebastián (au Pays Basque espagnol) il est l’un des plus importants chœurs d’Espagne et d’Europe. Composé de chanteurs amateurs expérimentés, il fonctionne de manière très professionnelle ce qui lui permet de donner près de 40 concerts par an. Depuis 1987 son directeur artistique est José Antonio Sainz Alfaro.
Quatre chanteurs solistes participent à cette exécution : la soprano Eleanor Lyons, la mezzo-soprano Agnieszka Rehlis, le ténor Andrei Danilov et la basse William Thomas.
Serge Chauzy
Informations et réservations : https://www.grandsinterpretes.fr/concerts/le-cercle-de-lharmonie-jeremie-rhorer-choeur-orfeon-donostiarra-jose-antonio-sainz-alfaro/
