Concerts

De Pierre Boulez à Maurice Ravel, en passant par Edouard Lalo

L'Orchestre national du Capitole - Photo Pierre Béteille

Le jeudi 9 octobre prochain à 20h, l’Orchestre national du Capitole invite pour la première fois le chef britannique Jonathan Nott dans un programme marquant deux anniversaires de compositeurs français, Maurice Ravel et Pierre Boulez. Un troisième membre de l’école française, Edouard Lalo, s’insère dans ce programme contrasté. Également invitée pour la première fois, la violoniste espagnole Leticia Moreno sera la soliste de ce concert.

Directeur musical et artistique de l’Orchestre de la Suisse Romande, Jonathan Nott a également été nommé Directeur musical du Gran Teatre del Liceu où il prendra ses fonctions dès septembre 2026.

Au Japon, où il bénéficie d’une solide réputation, Jonathan Nott assure depuis 2012 la position de directeur musical du Tokyo Symphony. Il joue un rôle important au sein de la Junge Deutsche Philharmonie où il aura été chef principal pour une durée de dix ans jusqu’à la fin de son mandat en 2024, ainsi qu’auprès du Gustav Mahler Jugendorchester où il est régulièrement invité à diriger.

Jonathan Nott – Wikipedia

Jonathan Nott ouvrira ce concert par les Notations I-IV pour orchestre de Pierre Boulez, créateur d’avant-garde et grand chef d’orchestre dont on célèbre le centième anniversaire de la naissance. Le compositeur a tout d’abord écrit en 1945 Douze Notations pour piano, d’inspiration dodécaphonique, alors qu’il finissait son apprentissage auprès d’Olivier Messiaen. Il s’agit de courtes pièces, faisant chacune douze mesures. En 1980, Boulez compose une version amplifiée pour orchestre de quatre de ses notations, qu’il numérote de I à IV.

La Symphonie espagnole d’Edouard Lalo, d’une écriture nettement plus traditionnelle suivra cette exécution. C’est dans les années 1870 que Lalo écrit ses deux œuvres les plus célèbres, la Symphonie espagnole (1874) et l’opéra Le Roi d’Ys (1875-1881). Il acquiert sa notoriété grâce à cette Symphonie espagnole qui est en fait un concerto pour violon en cinq mouvements. L’œuvre est créée par le violoniste virtuose Pablo de Sarasate en 1875.

La soliste de cette symphonie/concerto sera la violoniste espagnole, d’origine péruvienne, Leticia Moreno. Cette musicienne très recherchée a étudié avec Zakhar Bron, Maxim Vengerov et Mstislav Rostropovitch à l’Escuela Superior de Música Reina Sofía de Madrid, à la Hochschule für Musik und Tanz de Cologne et à la Guildhall School in London.

Leticia Moreno – Photo Omar Ayyashi

Maurice Ravel et ses compositions liées à la valse complètent ce programme. Les huit Valses nobles et sentimentales ont d’abord été écrites pour le piano en 1911. Ravel les orchestra l’année suivante pour le ballet Adélaïde ou Le langage des fleurs. Le titre a été choisi en hommage à Franz Schubert, auteur vers 1823 de deux recueils intitulés respectivement Valses nobles (D. 969) et Valses sentimentales (D. 779). La partition porte en exergue une citation d’Henri de Régnier : « …le plaisir délicieux et toujours nouveau d’une occupation inutile ».

Le concert s’achèvera avec le poème chorégraphique pour orchestre La Valse que Maurice Ravel a composé entre 1919 et 1920. À l’image romantique et fastueuse de la cour viennoise du XIXe siècle du projet initial, si bien illustrée par les valses de Johann Strauss II, le musicien composa selon sa propre expression une « espèce d’apothéose de la valse viennoise à laquelle se mêle dans mon esprit l’impression d’un tourbillon fantastique et fatal », somptueuse évocation de la grandeur, de la décadence puis de la destruction de la civilisation occidentale.

Serge Chauzy

Informations et réservations : https://onct.toulouse.fr/jonathan-nott-leticia-moreno/

Partager

Opéra, ballet, théâtre au cinéma, demandez le programme !
Le Metropolitan de New York, l’Opéra de Paris et la Comédie Française vous donnent rendez-vous dans les cinémas Pathé.
L’angoisse du doute
Quand la vérité tangue dans tous les sens, les rebondissements s’enchaînent, tout comme les fausses pistes.
Bach-Kurtág, dialogue ou confrontation par-delà les siècles
Le 15 septembre dernier, le cloître mythique a résonné d’accents contrastés lors du récital de Pierre-Laurent AImard.
« Dans Rusalka toutes les pages sont d’une égale beauté. C’est un vrai miracle. » Giacomo Sagripanti
« Il faudrait un livre entier pour décrire les caractéristiques d’un opéra comme Rusalka »
Le concert de Pianomuses en hommage à Carl Maria von Weber
Ce dimanche 13 septembre, dès 19 h, François Henry anime un concert hommage à Carl Maria von Weber (1786-1826), dans le cadre du bicentenaire de la mort du grand compositeur.
« Parcourir le temps et l’espace est particulièrement exaltant. » Christophe Ghristi, directeur artistique de l’Opéra national du Capitole
Dans mon esprit l’opéra est quelque chose non seulement de vivace mais aussi de puissamment jubilatoire. Christophe Ghristi