Concerts

Déploiement musical et hommage à Montespan

L'ensemble vocal et instrumental sous la direction de Jean-Yves Guerry - Photo Classictoulouse -

Le dimanche 8 décembre dernier, le charmant village de Montespan présentait, dans son église, un nouveau concert de la programmation « Les Classiques de Montespan », organisée par Le Jardin de Musiques avec le soutien de la municipalité. Tout au long de l’année, cette institution fait entendre en Comminges les répertoires musicaux les plus divers, du Moyen Âge au romantisme. Elle réunit alternativement dans ce but l’ensemble du Jardin des Musiques, l’Arboscello et Les Cuivres anciens de Tarbes.

Le programme de ce concert dominical intitulé « Noëls baroques à Venise… et ailleurs » est le fruit d’une collaboration entre Le Jardin de Musiques et le Conservatoire Henri Duparc, communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes Pyrénées. Cette fois, l’ensemble vocal L’Arboscello et Le Jardin de Musiques ainsi que Les Cuivres anciens de Tarbes ont invité un groupe de musiciens issus notamment des Sacqueboutiers, avec Jean-Pierre Canihac, cornet à bouquin, Philippe Matharel, cornet à bouquin et flûte, Jean Dieulafait et Maris Hulsens, saqueboutes, Nathalie Hoffmann, harpe et Laurent Le Chenadec, basson. Sous la direction avisée de Jean-Yves Guerry, également chanteur émérite, cet ensemble musical rend également hommage à Jean-Pierre Canihac, fondateur et directeur artistique de l’ensemble de cuivres anciens de Toulouse, Les Sacqueboutiers, qui a choisi de participer ici à son dernier concert avant une retraite bien méritée.

Jean-Yves Guerry présentant le concert – Photo Classictoulouse –

Le programme de cet après-midi dominical, intitulé « Noëls Baroques à Venise… et ailleurs », réunit de grandes pages instrumentales et vocales des XVIème et XVIIème siècles, témoins de ce style vénitien qui fera des émules dans toute l’Europe. Claudio Monteverdi tient ici une place de choix. Le concert s’ouvre d’ailleurs sur de splendides extraits de sa partition emblématique Vespro della Beata Vergine : le somptueux Deus in adjutorium réunit l’ensemble des interprètes sur le même thème que celui de la fameuse Toccata qui ouvre L’Orfeo.

Suivent quelques pièces de compositeurs anonymes du XVIème siècle, puis un beau Canon instrumental signé Bartolomé Ramos de Pareja. Un saut de deux siècles exalte un magnifique chœur à huit voix de Joan Cererols : Alarma, alarma. Ensuite, le Recercar su Sancta Maria, de Girolamo Frescobaldi, chanté a cappella, précède un vaste retour vers ces incontournables Vêpres de la Vierge de Monteverdi. Les sept versets de l’Ave Maris stella à huit voix témoignent de l’insurpassable beauté d’une écriture d’un extrême raffinement. Les interprètes se surpassent dans la recherche d’une fusion entre voix et instruments.

Le pupitre des cornets à bouquins. De gauche à droite : Jean-PIerre Canihac, Jeannot Imbert et Pablo Valat – Photo Classictoulouse –

Après une incursion dans l‘œuvre de Michael Pretorius, In dulci jubilo, les instruments relèvent le défi de la Galliard Battaglia à 5, de Samuel Scheidt. Le jeu des échos, des échanges, met en évidence la virtuosité déployée notamment par les cornets à bouquin, largement sollicités.

Un nouveau retour vers l’œuvre de Monteverdi développe la sublime science du compositeur dans l’invention musicale du duo entre un instrument et une voix. Il s’agit ici du cornet à bouquin virtuose et raffiné de Jean-Pierre Canihac et de la voix lumineuse de contre-ténor de Jean-Yves Guerry qui, ailleurs, tel un caméléon vocal, déploie un beau timbre de baryton. L’un des grands moments de temps suspendu !

L’ensemble des cornets à bouquins au salut. De gauche à droite : Pablo Valat, Jean-Pierre Canihac, Jeannot Imbert, Philippe Matharel et Philippe Bouzet – Photo Classictoulouse –

Une sorte d’apothéose conclut ce voyage vénitien. Du grand compositeur Hieronymus Praetorius, le Decantabat populus Israel à 20, dit « à chœurs séparés », demande la division des interprètes en quatre chœurs instrumentaux et vocaux qui se déploient dans la nef et deux chapelles latérales. La spatialisation sonore qui en découle, pratique courante à San Marco de Venise, confère à la pièce une dimension musicale supplémentaire impressionnante.

Un bis, cette fois à trois chœurs, prolonge encore cette jubilation qui se transmet à l’ensemble du public. Longue vie aux « Classiques de Montespan » et excellente retraite à Jean-Pierre Canihac.

Serge Chauzy

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