Opéra

Une œuvre étroitement liée à Toulouse

Créé en 1921, ce psaume symphonique a les honneurs de l’affiche capitoline dès 1942, en version oratorio. En 1958 le Capitole offre à cet ouvrage un moment décisif de sa vie : une création scénique dans sa version complète et originale. René Morax, auteur de l’adaptation définitive a fait le voyage pour cette occasion. La mise en scène est confiée à Maurice Sarrazin dans les décors et costumes signés Maurice Mélat. Le fondateur de l’Orchestre de chambre de Toulouse, Louis Auriacombe, est au pupitre.

La présente reprise se fait dans la version concertante, avec la composition instrumentale de 1921, soit 17 instruments. Le Chœur et la Maîtrise du Capitole ainsi que l’Orchestre du Capitole et la soprano Magali Léger sont mobilisés pour cette unique représentation dirigée par Alfonso Caiani.

L’Eternel est mon berger, voici les premières paroles chantées dans ce psaume symphonique. C’est un jeune pâtre juif qui dit sa prière. Il s’appelle David. Il ne le sait pas encore mais L’Eternel l’a choisi pour qu’il soit le chef du peuple d’Israël. C’était il y a trente siècles. Engagé dans la guerre contre les Philistins, il sauva les armées du roi Saül, premier Roi des Hébreux, en tuant le géant Goliath. Il devint alors le héros de toute une nation au point de, finalement, monter sur le trône d’Israël, qu’il unifia, lui donnant Jérusalem conquise comme capitale. Après Moïse, il est assurément le personnage ainsi que le prophète le plus populaire de l’Ancien Testament.

Alfonso Caiani © David Herrero

Un héros idéal, ou plutôt idéalisé ? Qu’il soit le favori de Saül et surtout de l’un de ses fils, Jonathan, est une chose. Qu’il les trahisse en est une autre. Et pourtant c’est ce qu’il fit, luttant alors aux côtés des Philistins. Il envoya même à la mort l’un de ses lieutenants dont il convoitait sa femme, Bethsabée. Mais pour la Bible et la mémoire collective, il est à jamais ce jeune roi solaire dansant nu devant l’Arche d’Alliance faisant son retour à Jérusalem. Politique rusé, poète et chanteur, charmeur aussi, guerrier intrépide, amant inépuisable, il a séduit tout un peuple, hommes et femmes confondus.

Œuvre singulière, d’une grande richesse polyphonique, dans laquelle, avec un peu d’attention , il est aisé de retrouver Fauré, Debussy mais aussi Stravinsky et Haendel, ce Roi David est découpé en 27 épisodes qui seront reliés ici par les interventions d’un comédien, Laurent Collombert.

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