Le titre même de ce concert sonne comme un credo de la part d’Alfonso Caiani, directeur du Chœur et de la Maîtrise du Capitole. Si ce n’est un credo c’est au moins un cri du cœur. Cette Italie qui est son berceau, qui est aussi la patrie indiscutable de l’opéra, Alfonso Caiani a voulu la mettre à l’honneur pour le dernier concert des chœurs de cette saison. Et de quelle plus belle manière pouvait-il faire qu’en mettant au programme quelques-uns des plus beaux passages chorals de tout l’art lyrique transalpin.

La première partie de la soirée est entièrement consacrée à cette Messa di Gloria qu’un jeune musicien de 22 ans, Giacomo Puccini, présente à un examen. Il est d’autant plus facile de déceler les prémices du grand et génial compositeur d’opéra que le natif de Lucques va devenir qu’il est aisé d’entendre ici des mélodies que l’on retrouvera autrement développées dans Manon Lescaut et Edgar.

La seconde partie de soirée nous entraîne au cœur d’un répertoire lyrique signé Vincenzo Bellini (Norma), Gaetano Donizetti (Lucia di Lammermoor), Arrigo Boito (Mefistofele), Giacomo Puccini à nouveau (Madame Butterfly), Pietro Mascagni pour son Intermezzo de Cavalleria rusticana, Amilcare Ponchielli (Gioconda) et l’inévitable et incontournable Giuseppe Verdi (Nabucco, Macbeth). Soit près d’une heure parmi les plus belles pages jamais écrites pour un chœur.

Alfonso Caiani © David Herrero

Alors, bien sûr, mais ce n’est pas une surprise, il convient de saluer cette extraordinaire phalange chorale qui, sous la direction d’Alfonso Caiani, est parvenue à une couleur et à une rondeur, en fait à une vocalité ainsi qu’à une musicalité qui en font l’un des artisans majeurs de toute représentation capitoline pour laquelle elle est sollicitée. Les prochaines représentations de Turandot en seront, n’en doutons pas, un témoignage supplémentaire. Soulignons au passage les interventions de grande qualité de la Maîtrise du Capitole.

Surprise, ce concert choral se double, quasiment, d’un véritable récital, celui du ténor italien Stefano Ferrari, sollicité ici dans la Messa di Gloria, les courtes mais périlleuses phrases d’Arturo dans le deuxième acte de Lucia di Lammermoor, la merveilleuse prière de Faust dans le dernier acte de Mefistofele, la scène intitulée Marinaresca qui ouvre le deuxième acte de Gioconda, et la grande et somptueuse scène de Macduff au quatrième acte de Macbeth, récitatif, air et cabalette ! Le timbre brille des couleurs chaudes et ensorcelantes de son pays natal, la voix est homogène et ne craint pas les passages de registre, le phrasé est ample et la projection généreuse. A souligner également la recherche constante d’une belle musicalité chez cet interprète. C’est à un artiste toulousain, aujourd’hui dans les chœurs permanents du Théâtre du Capitole, Jean-Luc Antoine, que sont dévolues les parties écrites en clé de fa de la Messa di Gloria, l’occasion pour nous d’entendre un chanteur au timbre d’un solide métal et doté d’une belle technique.

Autre surprise, Alfonso Caiani chef d’orchestre. Certes, il est ici dans son arbre généalogique et cela relève de l’euphémisme d’écrire combien ce répertoire appartient à son ADN. Mais tout de même. Il suffit de prêter attention à l’intensité, à la lumière, à l’émotion, au phrasé, aux couleurs dont il pare le célèbre Intermezzo de Cavalleria rusticana pour comprendre combien ce style l’habite et, surtout, lui appartient au plus haut degré. Et il en est ainsi toute la soirée. Encore faut-il ajouter qu’il n’avait pas à sa disposition un ensemble de 60 musiciens, mais l’Orchestre de chambre de Toulouse renforcé de quelques cuivres et percussions, au demeurant et comme toujours d’une parfaite précision et fiabilité. Qu’à cela ne tienne, Alfonso Caiani extrait de toutes ces partitions l’essentiel de la mélodie et de l’orchestration et nous le donne à entendre. Tour de magie qui fait, entre autre, du final du Prologue de Mefistofele, un moment d’une puissance incroyable, un moment ovationné par un Capitole comble et aux anges. Superbe !

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