Festivals

Un chef passionnant pour une œuvre flamboyante

Avec Il Trovatore, créé en 1853, Giuseppe Verdi offrait au monde de l’opéra son  chef d’œuvre le plus noir, le plus exacerbé, le plus passionnel, en un mot comme en cent, le plus flamboyant. Il requiert, impérativement, quatre voix se pliant à la fois aux héritages de Donizetti et Bellini, mais aussi sachant rendre compte d’une écriture vocale qui annonce Don Carlo et Aïda. Ce n’est pas tout, Il  Trovatore nécessite, exige même, un maestro en phase complète avec un opéra à l’image même de son temps, celui du Risorgimento, la vaillance, le courage, le feu, le sang, la passion doivent animer sa direction.
Gianandrea Noseda, celui par qui la passion arrive
Dire qu’il est connu et formidablement apprécié du public toulousain est un euphémisme tant les apparitions de Gianandrea Noseda à la Halle aux Grains ont toujours été couronnées par un véritable triomphe. Comptant désormais parmi les plus recherchés des directeurs d’orchestre, le chef milanais faisait ses débuts au Théâtre Antique. Quelle formidable idée a eue Raymond Duffaut de l’inviter car c’est par lui que tout le génie et la flamboyance du compositeur nous sont  pleinement parvenus. A la tête d’un Orchestre National de France survolté, Gianandrea Noseda imprima à cette partition des accents tour à tour diaprés des mélismes les plus subtils, des cris de vengeance les plus terrifiants et des tempêtes les plus impétueuses, des accents qui ne sont pas sans rappeler ceux du gigantesque et inoubliable Thomas Schippers. Ce qui n’est pas rien ! 

Roberto Alagna, enfant chéri des Chorégies 
Existe-t-il aujourd’hui la distribution idéale pour ce Trovatore ? C’est la question, légitime, que l’on peut se poser depuis déjà pas mal de temps en fait.

En invitant Larissa Diadkova dans le rôle, essentiel, d’Azucena, Raymond Duffaut avait visé en plein cœur de cible. Obligée de quitter le festival peu de temps avant la première, elle fut remplacée par une consœur géorgienne : Mzia Nioradze. Saluons donc comme il convient la performance de cette artiste débutant au pied levé dans un théâtre aux caractéristiques très particulières.

La soprano américaine Susan Neves revenait aux Chorégies, auréolée de la somptueuse Abigaïlle chantée in loco en 2004.

Susan Neves et Roberto Alagna
 
Un rien en difficulté sur son aigu spinto, elle trouva le meilleur, et quel meilleur, de son interprétation dans des demi-teintes à tomber à genoux. A ce titre, son air de la Tour lui valut une ovation largement méritée.

Si le de Luna de Seng-Hyoun Ko et le Ferrando d’Arutjun Kotchinian sont loin de démériter, il est clair que le public avait les yeux de Chimène pour l’idole de la soirée : le Manrico de Roberto Alagna, revenant tout griffé d’une fort désagréable mésaventure milanaise.

La voix est toujours là, puissamment projetée, formidablement timbrée, le phrasé est toujours aussi impérieux, voire impérial, et nous valut dans le 3ème acte l’un des moments magiques de la soirée : un Ah si, ben mio  d’anthologie.

Parmi d’excellents seconds rôles, il convient de souligner tout de même, dans celui de Ruiz, la montée en puissance du jeune ténor français Sébastien Guéze, un nom à suivre.

La production, signée pour la mise en scène par Charles Roubaud, nous valut, surtout, de splendides projections sur le Mur du Théâtre Antique.

Prochain et ultime spectacle des Chorégies 2007, le 3 août à 21h30, récital lyrique de Renée Fleming accompagnée par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction  de Kazushi Ono.
Robert Pénavayre
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Vue la notoriété de cette artiste, pour laquelle il  était difficile de trouver une remplaçante,  Raymond Duffaut a préféré purement et simplement annuler ce spectacle.

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