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Et de quatre…

A l’invitation du Festival international Toulouse les Orgues, l’Ensemble Baroque de Toulouse et son directeur, le flûtiste Michel Brun, réalisaient une sorte de record en réunissant, sur le plateau de l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines, quatre clavecins et les quatre clavecinistes destinés à leur donner voix ! Johann Sebastian Bach, avec ses concertos pour multiples claviers, constituait la substantifique moelle de ce programme réjouissant et plein d’énergie positive.
Les quatre claviéristes convoqués participent également au concours international d’orgue Xavier Darasse, organisé en parallèle avec le Festival. Willem Jansen, professeur au Conservatoire de Toulouse et interprète bien connu de tous, le Néerlandais Pieter Van Dijk, l’Italien Roberto Antonello sont rejoints par Yves Rechsteiner, le futur successeur de Michel Bouvard à la tête de Toulouse les Orgues, en remplacement du Danois Kristian Olesen empêché.

L’Ensemble Baroque de Toulouse, dirigé par Michel Brun, et les quatre clavecinistes.

De gauche à droite, au premier plan : Yves Rechsteiner et Pieter Van Dijk ; au second plan : Willem Jansen et Roberto Antonello – Photo Classictoulouse –

L’auditorium Saint-Pierre des Cuisines, ainsi investi, prend des allures de Café Zimmermann, ce lieu mythique de Leipzig où Bach pouvait exercer ses talents féconds hors de la contrainte liturgique. Etroitement imbriqués, les quatre instruments font bloc, aux côtés de l’ensemble à cordes que dirige avec sa ferveur coutumière, Michel Brun.

Le concerto pour deux clavecins et cordes BWV 1060, qui ouvre le concert, est probablement une transcription du concerto pour violon et hautbois. A moins que ce ne soit l’inverse ! Les musicologues hésitent. Tout empreint d’une lumineuse sérénité il déroule son discours dans l’optique de l’architecte que Bach ne cesse d’être. Willem Jansen et Pieter Van Dijck échangent fraternellement leurs commentaires dont le climax expressif culmine dans le paisible Largo ovvero Adagio central.

Dans le concerto pour trois clavecins BWV 1063, les deux compères sont rejoints par Yves Rechsteiner qui prend la direction des opérations solistes. L’orchestre à cordes y est plus présent, surtout dans l’Allegro initial. Le doux balancement de la Sicilienne précède un Allegro final pimpant et riche d’échanges entre cordes et claviers.

Michel Brun, flûte, et l’Ensemble Baroque de Toulouse dans la Suite en si mineur

de J. S. Bach – Photo Classictoulouse –

Le concerto pour quatre clavecins atteint une sorte d’apothéose. Ce BWV 1065 en la mineur est une transcription du Concerto en si mineur pour quatre violons opus 3 n°10 (R 580), de « L’Estro armonico » de Vivaldi. Avec Roberto Antonello comme quatrième soliste, les clavecins reprennent l’essentiel du discours. Chaque soliste ornemente avec imagination et musicalité. La communion musicale entre tous les participants fait chaud au cœur. Le public, qui reçoit cette exécution comme un élixir de bonheur, obtient des interprètes une reprise du premier Allegro de ce même concerto.

Un luxueux complément de programme est en outre offert. La mythique Suite en si mineur pour flûte et cordes est devenue une sorte de marque de fabrique de l’Ensemble Baroque de Toulouse et de son directeur. Michel Brun y tient, bien évidemment, la partie de flûte. La douceur de sa sonorité, sa volubilité, son phrasé à la fois souple et rigoureux se love parfaitement au sein du commentaire tissé par les cordes. Il ne s’agit pas d’un concerto pour flûte et c’est bien ainsi que cette belle partition trouve son chemin vers notre sensibilité.

Yves Tastet commentant les épisodes de la « Suite burlesque de Quixotte » de Telemann

– Photo Classictoulouse –

Contrastant avec le noble caractère de ce programme, la « Suite burlesque de Quixotte » de Georg Philipp Telemann, jouée en complément, apporte son lot de sourires et même de fou-rires. Commentés avec un indéniable talent de comédien par Yves Tastet, altiste de l’EBT, qui dit le texte de Cervantès, les épisodes de la truculente légende de Don Quichotte prennent des couleurs avec lesquelles la musique de cette époque ne nous a pas habitués. Jouant avec un accessoire de « décor » aussi simple qu’astucieux (une lance et un bouclier qui devient tour à tour visage de Dulcinée ou clair de lune…) Yves Tastet introduit chaque mouvement musical qui produit ainsi tous ses effets. Jusqu’au braiement de l’âne de Sancho Pança… Un vrai moment de joie partagée.

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