Disques

Voyage en compagnie de Liszt

Le bicentenaire de la naissance de Franz Liszt (Ferenc Liszt pour les Hongrois) ouvre toutes les possibilités d’hommage de la part des pianistes d’aujourd’hui, conscients de l’incomparable contribution du compositeur à l’art du clavier.

 
A côté des intégrales de tel ou tel cycle (Années de Pèlerinage, Etudes d’exécution transcendante…) paraissent quelques itinéraires choisis parmi l’abondante production du charismatique virtuose. C’est la démarche qu’a choisi d’emprunter le grand pianiste brésilien Nelson Freire. Intitulé « Harmonies du soir » (du nom de la 11ème des Etudes d’exécution transcendante), cet album-récital s’écoute comme on accomplit un voyage en pays connu mais d’une incroyable diversité.

Waldesrauschen, la première des deux Etudes de concert qui ouvre ce programme, explore la fluidité dont Ravel et Debussy tireront un immense profit. Les deux extraits des Années de Pèlerinage, Au lac de Wallenstadt (Suisse) et le Sonetto 104 del Petrarca, (Italie), mêlent virtuosité et profondeur, méditation et prouesses. La très belle Valse oubliée ravit par sa légèreté pétillante et subtilement nostalgique. La plus développée des pièces gravées ici, La Ballade n° 2 en si mineur, réalise une synthèse des talents originaux de Liszt. Le paysage passe de l’ombre au soleil, la pensée s’exerce dans des directions opposées, de la prière à la révolte. Nelson Freire y déploie une palette de couleurs et d’expressions qui évoque la grande Sonate en si mineur. L’une des moins jouées des Rhapsodies Hongroises, la 3ème, d’une sombre fierté, précède le cycle complet des six Consolations, inspirées de certains des poèmes dédiées par Sainte-Beuve à Victor Hugo, admirable mosaïque qui place l’expression poétique au premier plan. La onzième des Etudes d’exécution transcendantes, Harmonie du soir, qui fournit son titre à tout l’album, en réalise la synthèse. Impressionnisme et modernisme y sont en germe.

Le jeu incomparable de Nelson Freire fait ici des merveilles. On admire une fois de plus la profondeur et la richesse des couleurs de sa sonorité. La liberté de ses interprétations est celle qui convient à ce répertoire d’une étonnante diversité d’inspiration. Quel bel hommage !

Partager

Thriller politico-religieux au temps des pharaons
Fin de règne pour les pharaons de sang égyptien
Simplement le droit d’exister
Un magnifique roman d’apprentissage qui en dit long sur les difficultés de l’intégration.
La Symphonie Africaine à Toulouse
Le 23 octobre prochain, la Halle aux Grains toulousaine reçoit la légendaire chanteuse d’origine béninoise, Angélique Kidjo.
Un Requiem « historique » et implacable !
Le concert d’ouverture de la brillante saison des Grands Interprètes, le 12 octobre dernier, affichait une seule œuvre à son programme, mais un véritable monument musical et vocal, la Messa de Requiem de Giuseppe Verdi.
La guitare au féminin
Le 11 octobre dernier, pour son premier concert de la saison 2026 – 2027, Toulouse Guitare invitait à la Chapelle des Carmélites le Duo Odelia, composé de Marie Sans et Alice Letort.
BALLET NATIONAL DU CAPITOLE – LES MAÎTRES AMÉRICAINS   
Un début de saison très très américain pour le Ballet National du Capitole avec deux géants de la Danse : George Balanchine et Peters Martin. Somptueux programmes que celui que nous présente le Ballet du Capitole : l ‘élève et son maître, George Balanchine, le Maître, Peter Martins, le disciple, l’élève