Disques

Liszt, piano et orchestre

La grande pianiste franco-lituanienne Mūza Rubackyté marque l’œuvre de Franz Liszt de sa forte personnalité. Formée à la prestigieuse école russe du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, elle remporta notamment, en 1981, le Grand Prix du Concours international de piano de Budapest Liszt-Bartók. Elle est l’interprète privilégiée des fameuses Années de Pèlerinage du compositeur hongrois. Dotée d’impressionnantes qualités pianistiques autant que musicales, elle est ici la soliste des deux principales œuvres concertantes de Liszt et d’une rareté que beaucoup découvriront avec amusement. Les trois œuvres de cet album ont été enregistrées au cours de concerts publics.

Les deux concertos pour piano et orchestre datent des années 1855-57. Le concerto n° 1 en mi bémol majeur, créé à Weimar en 1855 sous la direction d’Hector Berlioz, avec le compositeur au piano, a été conçu sur une longue période qui s’étend de 1830 à 1853. Relativement court et subdivisé en quatre mouvements enchaînés, ce concerto fut qualifié par Bartok de « première composition parfaite de forme-sonate cyclique, avec des thèmes communs traités sur le principe de la variation ».

Les quatre mouvements sont enchaînés. Le troisième mouvement est resté célèbre pour l’utilisation surprenante du triangle, en dialogue tour à tour avec l’orchestre, puis avec le piano. Ce procédé novateur n’avait pas manqué, à l’époque, de susciter les railleries de certains critiques. Mūza Rubackyté l’aborde avec une belle autorité. Elle ménage de très subtils contrastes de toucher et d’expression, grâce à la fluidité extrême et la poésie de son jeu. Les riches couleurs qu’elle suscite animent le dialogue avec le Lithuanian National Symphony Orchestra, efficacement dirigé par Stefan Lano, le 9 septembre 2002. C’est le 26 mars 2006 à Anvers qu’a été enregistré le second concerto avec le Vlaanderen Symphony Orchestra, sous la direction de David Angus. Dans cette pièce plus poétique, moins spécifiquement virtuose que le premier concerto, la soliste déploie un pouvoir expressif convaincant, soutenu par une solide technique qui sait se faire oublier pour mettre l’accent sur l’essentiel.

Enfin, la très rare Fantaisie sur Les Ruines d’Athènes de Beethoven associe la pianiste au Liepaja Symphony Orchestra (Lettonie) dirigé, le 12 mars 2009, par Imants Resnis. Ce court poème symphonique pour piano et orchestre s’inspire d’un thème de la musique de scène composée par Beethoven pour Les Ruines d’Athènes, thème dont il réalise une série de variations habiles et parfois échevelées ! Mūza Rubackyté joue le jeu de la fantaisie avec finesse et imagination. Il s’agit là d’un touchant témoignage d’admiration de Liszt pour Beethoven.

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