Disques

L’année Chopin chez EMI

Attendons-nous à un déferlement de parutions et de rééditions d’enregistrements consacrés au plus populaire des compositeurs-pianistes. En effet, voici exactement deux-cents ans (très exactement le 1er mars 1810) naît à Zelazowa Wola, dans la banlieue de Varsovie, un certain Fryderyk Franciszek Chopin. Son patriotisme antirusse lui fait quitter la Pologne en 1830, l’année des grandes révolutions européennes.

Après un court séjour de quelques mois à Vienne, il s’installe à Paris, dans cette France terre d’accueil pour bon nombre de réfugiés polonais, une France qu’il ne quittera plus que très épisodiquement, au point de franciser ses deux prénoms en Frédéric François. Sa liaison intense et mouvementée avec George Sand, sa maladie irrémédiable, sa disparition tragique à l’âge de trente-neuf ans, rongé par la tuberculose, ont forgé la légende de l’artiste romantique par excellence. Liszt, qui l’a côtoyé et apprécié déclara : « Chopin a passé parmi nous comme un fantôme ».

 
L’avalanche actuelle des publications discographiques permet au mélomane de se constituer une discothèque Chopin, la plupart du temps à peu de frais. Ainsi EMI rassemble dans un coffret de 16 CDs l’intégralité de l’œuvre du compositeur. Outre les grandes partitions avec orchestre (les deux concertos, les grandes Fantaisies, Variations et autre Andante spianato) et les grands cycles des Valses, Mazurkas, Etudes, Nocturnes, Polonaises, figurent dans ce coffret les pièces les plus éparses et les plus rarement enregistrées.

La plupart des gravures, qui datent des années soixante et soixante-dix, font appel à des pianistes de grand talent, même si leurs noms ne figurent pas au firmament des artistes les plus connus. L’Américain Garrick Ohlsson, le Britannique Ronald Smith, sont de ceux-là. Agustin Anievas, Andrei Gavrilov, plus connus occupent également une place importante.

 
Parmi les autres parutions séparées d’EMI, il faut absolument redécouvrir l’indispensable enregistrement de studio de 1965 de la grande Martha Argerich (sonate n° 3, trois Mazurkas, un Nocturne, le Scherzo n°3 et la Polonaise « Héroïque »), l’intégrale des Préludes et autres pièces par Daniel Barenboïm (enregistrement 1973-76), profondément musicien, ainsi que les 19 Valses par l’élégant et poétique Jean-Philippe Collard (1985-86).

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