Danse

Une œuvre phare du Ballet national de Chine

Pour la première fois de sa longue histoire, l’Opéra de Paris reçoit le Ballet national de Chine.
Cette venue est la suite logique de quelques trente années d’échanges entre les deux compagnies. Le Ballet national de Chine vient présenter en ce début 2009 deux œuvres emblématiques de son répertoire : Sylvia dans une chorégraphie de Lycette Darsonval d’après Louis Mérante (1876) et Le Détachement féminin rouge. Deux œuvres montrant la parfaite fusion opérée par cette compagnie entre la danse classique occidentale et les traditions chinoises dans le domaine de la danse.

En ce 6 janvier, la Compagnie chinoise offrait au public ce Détachement féminin rouge, une œuvre collective créée en 1964. L’origine de ce ballet se trouve dans un film du grand réalisateur chinois Xie Jin (1961). L’histoire se base sur des faits réels survenus dans les années 30 sur l’île de Hainan où un régiment composé uniquement de femmes s’est rendu célèbre lors d’un épisode sanglant opposant nationalistes et communistes. Couronné de plusieurs récompenses, ce film sera ensuite banni des écrans lorsqu’éclatera la Révolution Culturelle. Quant au ballet, il subira lui aussi les affres éclairées de Jiang Qing, l’épouse de Mao, une ancienne actrice qui entend remodeler l’ensemble des arts et des lettres. Vaste programme dont on sait ce qu’il advint…

Le Détachement féminin rouge (photo DR)

Les tribulations politiques de ce ballet à la gloire de l’héroïne révolutionnaire sont un vrai roman dont il faut surtout retenir qu’il fut donné plus de deux mille fois, même si les nouvelles générations de l’Empire du Milieu le considèrent aujourd’hui avec un certain humour teinté peut être de nostalgie… On ne peut cependant pas nier le formidable souffle qui traverse cette épopée ainsi que la profonde conviction qui semble l’animer, même si la dichotomie apparente existant entre la violence d’un message dogmatique et l’utilisation des pointes par les ballerines peut laisser dubitatif.

Le Détachement féminin rouge (photo DR)

Donnant à voir autant la danse classique que les arts martiaux, les danses folkloriques et le réalisme militaire, ce ballet complètement hybride est, pour nous, en même temps qu’une vraie curiosité historico-politico-artistique, la preuve de l’excellent niveau atteint aujourd’hui par cette compagnie. Surtout si l’on en juge par les interprètes de ce 6 janvier dont aucun pourtant n’a le statut d’étoile !

La partition musicale, cosignée par cinq compositeurs chinois, était interprétée par l’Orchestre Colonne sous la direction de maître Zhang Yi, Chef d’orchestre principal et Directeur musical de l’Orchestre du Ballet national de Chine.

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