Danse

L’inaltérable et flamboyante Bayadère de Rudolf Noureev

L’histoire de ce ballet est étroitement liée à la vie du célèbre danseur tatar, car c’est Rudolf Noureev lui-même qui interpréta pour la première fois en Occident le 3ème acte en 1961. Toute sa vie il songea à monter le ballet chorégraphié par Marius Petipa en 1877. L’Opéra de Paris lui en donnera l’opportunité en 1992, quelques mois avant sa disparition en 1993.
Dans les somptueux décors d’Ezio Frigerio, les costumes étincelants de Franca Squarciapino et les lumières de Vinicio Cheli, cette production est l’un des trésors de l’Opéra de Paris. Donnée régulièrement depuis sa création il y a presque vingt ans, elle vient de dépasser le cap des deux cents représentations ! Et toujours devant des salles combles. Sur la partition de Ludwig Minkus, ici dirigée par Kevin Rhodes à la tête de l’Orchestre Colonne, Noureev a su traduire de la façon la plus classique, mais aussi la plus sensuelle, toute l’atmosphère d’une légende digne des Mille et une nuits.

Ensemble du 2nd acte – Crédit photo : Jacques Moatti

Les amours malheureuses de Nikiya, la belle danseuse sacrée, et du jeune guerrier Solor nous parviennent ici avec un étrange parfum où se mêlent jusqu’à l’enivrement des senteurs d’opium. Il n’est rien de dire que le charme opère en ce Palais Garnier devenu pour l’occasion palais de Maharadja.

Le charme opère d’autant plus que l’élément clé de ce ballet se trouve dans… le Corps de Ballet. Ce dernier affronte ici de redoutables défis dont le célèbre acte des Ombres qui voit, sur une formule musicale et chorégraphique aussi lancinante que fascinante, 32 danseuses faire leur apparition, une par une, sur le plateau, pour finalement exécuter un alignement vertigineux de précision. Dans cet exercice ultra sensible, le corps de ballet de l’Opéra de Paris est unique au monde. Une longue ovation salua d’ailleurs cette prouesse.

Stéphane Bullion (Solor) et

Delphine Moussin (Nikiya)

Crédit photo : Sébastien Mathé

Ce soir-là, Delphine Moussin danse la Bayadère. Cette Etoile à la technique souveraine irradie une féminité faite de grâce et de fragilité. Et quelle musicalité ! Face à elle se dresse l’impitoyable Gamzatti de Stéphanie Romberg, Première danseuse très physique, accentuant le caractère malsain du personnage par une surprenante raideur.

Soulignons également dans cette distribution la présence d’Emmanuel Thibault, Premier danseur (l’Idole dorée), et de Charline Giezendanner, un Sujet qui fit vraiment sensation, par son assurance et sa dynamique, dans la deuxième variation du 3ème acte.

Non, je n’ai pas oublié Solor. Ce soir, c’est Stéphane Bullion (Premier danseur), un interprète qui se distingue, de spectacle en spectacle, comme l’une des valeurs les plus sûres de cette troupe. Distinction, maîtrise, musicalité, émotion sont les récurrents atouts de ses interprétations. Cette fois encore.

Mais ce dont ne se doutait pas ce jeune artiste, c’est que cette Bayadère allait l’amener, in fine, sur le chemin… des Etoiles. Devant un Palais Garnier qui lui fit une ovation de près de vingt minutes, Nicolas Joel et Brigitte Lefèvre élevèrent donc, en ce mercredi 2 juin 2010, Stéphane Bullion, au rang d’Etoile de l’Opéra de Paris, saluant ainsi un parcours exceptionnel dans cette prestigieuse institution.

Partager

« Don José est un tremplin et un palier. Je suis très curieux des échos qu’il aura dans ma carrière » Fabien Hyon
Au Capitole, nous sommes dans la maison lyrique française qui sait le mieux tendre la main à ses enfants.
Le grand concert de l’ensemble Voce Tolosa
Le 26 juin dernier, le chœur Voce Tolosa, sous la direction d’Olivier Perny, a bravé la canicule et réuni un public nombreux à la basilique Notre Dame de la Daurade de Toulouse dans un programme musical riche et ambitieux.
La nouvelle saison 2026-2027 des Clefs de Saint-Pierre
Les musiciens de l’Orchestre national du Capitole, investis dans la brillante série des Clefs de Saint-Pierre et la Présidente de l’association Internotes, Marie Grégoire-Devic, ont dévoilé le riche contenu de cette 27ème saison.
Mayuko Ishibashi, un souffle de fraîcheur dans la fournaise
Le 20 juin dernier, la très précieuse chapelle des Carmélites de Toulouse recevait la jeune pianiste japonaise Mayuko Ishibashi.
La 31ème édition du Festival International Toulouse les Orgues
Du 7 au 18 octobre 2026, Toulouse redevient pendant deux semaines le centre du monde de l’orgue.
Odyssud 26/27, ultime saison hors les murs
La venue du Ballet national d’Espagne est le grand événement de la future saison d’Odyssud