Un début de saison très très américain pour le Ballet National du Capitole avec deux géants de la Danse : George Balanchine et Peters Martin.
Somptueux programmes que celui que nous présente le Ballet du Capitole : l ‘élève et son maître, George Balanchine, le Maître, Peter Martins, le disciple, l’élève plus que doué. On ne présente plus George Balanchine, ce russe d’origine devenu américain par les singuliers hasards de l’histoire. Baigné dans la musique dès son jeune âge, c’est pourtant la danse qui révèlera l’immensité du talent du chorégraphe. Il créera 425 ballets, souvent des pièces courtes, entre1920 et 1983. Et dès ses premières œuvres on verra déjà la volonté du chorégraphe de faire du ballet «la visualisation de la musique transformant le son en mouvement ». Dire que Balanchine est « chez lui » au Ballet du Capitole, n’est pas vain. En effet, il est le chorégraphe le plus présent dans le répertoire du Ballet. Pas moins de 15 de ses œuvres sont inscrites dans son répertoire depuis 1993. Pour autant, l’une des plus important, celle qui révèle la merveilleuse esthétique néoclassique du maître, sur une partition spécialement composée pour cette œuvre par Paul Hindemith, n’avait jamais été présentée au Capitole. Les Quatre Tempéraments (mélancolique, sanguin, flegmatique et colérique) est la parfaite illustration du credo du chorégraphe : « Donner à voir la musique et écouter la danse », sans décor et en tenue de travail. Reconnu comme un véritable chef d’œuvre dans l’histoire de la chorégraphie, il est la parfaite illustration du style balanchinien qui marquera durablement le style américain.

George Balanchine – © Tanaquil Le Clercq
Le même programme accueillera une œuvre du danois Peter Martins, dont il fut l’élève et l’interprète durant de longues années au célèbre New York City Ballet, fondé en 1946 par Balanchine, qu’il dirigera à partir de 1983 conjointement à Jerôme Robbins, puis de 1989 jusqu’en 2017. Sur la redoutable et complexe musique minimaliste de John Adams, Peter Martins crée Fearful Symmetries, entré au répertoire du Ballet en 2002. Pour illustrer la partition du compositeur américain, Peter Martins dessine une chorégraphie d’une grande rigueur. Exigeante, technique, elle demande aux danseurs de la compagnie, une parfaite maîtrise de leur corps, beaucoup de virtuosité dans l’interprétation et un esprit d’ensemble qui ne souffre aucune imprécision. Aussi trépidante que la musique, elle mêle des passages d’une rapidité et d’une virtuosité diaboliques à des moments de calmes, mettant particulièrement en valeur la beauté des corps et des figures chorégraphiques.

Peter Martins – © Paul Kolnik
L’Orchestre du Capitole, sera placé sous la direction de Michael Balke, chef allemand qui fait ses débuts au Capitole .
Annie Rodriguez
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