Concerts

Violoniste-chef d’orchestre ou chef d’orchestre-violoniste…

Leonidas Kavakos partage ses activités artistiques entre ces deux fonctions, alternativement voire simultanément ! Avec la Camerata Salzburg, le musicien grec présentait à Toulouse le 22 février dernier dans le cadre de la saison des Grands Interprètes, un programme musical moins traditionnel qu’il n’y paraît.

Leonidas Kavakos, soliste et chef d’orchestre de la Camerata Salzburg

(Photo Yannis Bournias)

Mendelssohn, dont on célébrait en 2009 le bicentenaire de la naissance, y était associé à Schumann dont on fête aussi le bicentenaire cette année. On attendait évidemment avec curiosité et intérêt la prestation de l’ensemble et de son chef-soliste dans le deuxième concerto pour violon et orchestre de Mendelssohn. Leonidas Kavakos dirige de son archet une Camerata d’un effectif de formation « Mozart » quelque peu étendu. La transparence de la trame orchestrale laisse au soliste l’espace qui met en valeur sa sonorité d’une radieuse beauté. Timbres dorés d’une belle richesse, jeu subtil et raffiné, le violoniste aborde ce célèbre concerto sur la pointe de l’archet. Son jeu déploie une impressionnante palette de nuances, de l’éclat conquérant des grandes envolées aux pianissimi les plus éthérés. A la fébrilité de l’allegro initial succède un andante poétique et rêveur à souhait. Dans le final, le soliste place l’impeccable perfection de sa virtuosité au service d’une musicalité profonde et chaleureuse. Un bis original répond aux acclamations du public : le premier mouvement de la sonate n° 4 d’Eugène Ysaÿe, parfaite expression de ferveur et de science violonistique.

L’ouverture du « Songe d’une nuit d’été », partition éblouissante d’un Mendelssohn adolescent de dix-sept ans, débutait la soirée. La limpidité sonore de l’orchestre en offre une version « de chambre » juvénile, légère, fine comme de la dentelle. Leonidas Kavakos prend son temps, soigne les détails, souligne la fraîcheur de l’œuvre.

C’est enfin la symphonie n° 2 de Schumann qui occupe toute la seconde partie. La plus complexe des symphonies du compositeur constitue toujours un certain défi pour le chef qui doit trouver le fil conducteur d’un éparpillement d’idées musicales, d’une véritable mosaïque expressive. L’équilibre orchestral, sa configuration présente, confèrent une importance toute particulière aux instruments à vents que ne domine pas, comme trop souvent, une épaisse moquette de cordes. Après une introduction tout imprégnée d’un sentiment profondément religieux, les cellules constitutives, les motifs tout aussi rythmiques que mélodiques se mettent en place avec une spontanéité bien maîtrisée. Le recueillement de l’adagio succède au scherzo nerveux et presque haletant. C’est dans la solennité chaleureuse que se conclut cette vigoureuse partition créée en 1846 sous la direction de… Felix Mendelssohn. La boucle est bouclée !

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