Concerts

La magie du quatuor

La combinaison instrumentale du quatuor à cordes touche à la perfection. Le programme du concert des Arts Renaissants du 26 mars dernier en constitue une brillante illustration. Le Quatuor Mosaïques y balayait, en trois œuvres, les points forts de toute l’histoire de cette littérature.

Les musiciens du Quatuor Mosaïques

Les quatre artistes qui composent le Quatuor Mosaïques (lequel célèbre en 2008 ses vingt ans d’existence) confèrent au nom même de leur ensemble toute sa justification. Comme le proclame Christophe Coin, le violoncelliste et fondateur de l’ensemble : « Dans une mosaïque, chaque détail semble magnifiquement pensé. Mais c’est la fresque entière que l’on saisit d’un seul regard… », Erich Höbarth et Andrea Bischof, violons, Anita Mitterer, alto et donc Christophe Coin, violoncelle, communient dans une même foi musicale. Un équilibre miraculeux s’instaure entre les quatre voix qui se renforcent ainsi l’une l’autre par l’échange, le dialogue. Le soin apporté aux phrasés, à la dynamique reste du plus haut niveau.

L’Allegro di molto du quatuor en ré majeur opus 20, de Haydn, qui ouvre le concert, sort dramatiquement de l’ombre. Après le douloureux Adagio, le Menuet donne au violoncelle un rôle magique alors que le Presto final s’épanouit dans la lumière.

Dans son génial quatuor n° 14, Beethoven crée une musique cosmique. Les interprètes y tracent un chemin éblouissant, comme un itinéraire de la naissance à la mort. Une naissance lourde de menaces que les cahots ne vont pas épargner. L’ambigüité des événements contrastés qui jalonnent cette progression est habilement soulignée. Les sarcasmes du Presto mènent à travers la dernière méditation de l’Adagio, vers l’Allegro final en forme de sublime ascension.

Mais c’est avec le quatuor n° 1 de Bartók que les Mosaïques atteignent une sorte de sommet d’émotion. D’une prodigieuse richesse, cette partition de relative jeunesse s’ouvre sur un Lento tragique, longue et douloureuse plainte qui noue la gorge de l’auditeur. Les interprètes investissent l’intimité du propos avec une pudeur et une sensibilité admirables. Jusqu’à l’Allegro Vivace final, ils maintiennent une tension implacable qui ne se libère qu’au prix d’une course à l’abîme hallucinante. Du très grand art !

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