Disques

Le 20ème siècle de l’« Academy »

L’orchestre à cordes, fondé en 1958 par le violoniste Neville Marriner, fut baptisé un an plus tard « Academy of St Martin-in-the-Fields », du nom de la fameuse église de Trafalgar Square, à Londres, où le jeune ensemble fut invité à donner des concerts.

 

Le succès fut immédiat et la formation s’étoffa de bois et cuivres de manière à devenir un « orchestre Mozart » susceptible de jouer un large répertoire. La qualité typiquement « britannique » de ces musiciens, l’expérience de l’orchestre que Neville Marriner acquit au sein du Philharmonia puis de l’Orchestre symphonique de Londres, propulsa cette phalange en tête des orchestres les plus enregistrés. Des musiques baroques au répertoire contemporain, les partitions les plus diverses ont été abordées par l’Academy.

Le présent album de 10 CDs que publie la firme DECCA se consacre essentiellement à un panorama d’une belle diversité des créations du 20ème siècle. La musique russe, avec Stravinski (et ses ballets Pulcinella, Apollon Musagète et Capriccio) Prokofiev (Visions fugitives et 1ère symphonie), Chostakovitch (1er concerto pour piano) y occupe une place de choix, aux côtés de Bartók (Musique pour cordes, percussion et célesta, Divertimento pour cordes) et Hindemith (Cinq pièces pour orchestre à cordes). Une petite incursion auprès de la deuxième Ecole de Vienne, Schönberg (La Nuit transfigurée) et Webern (Cinq mouvements), ainsi que de Strauss (Metamorphosen) y côtoie un large choix de pièces britanniques et américaines signées Walton, Barber et son célèbre Adagio pour cordes, Britten (Variations sur un Thème de Frank Bridge), Ives (3ème symphonie), Copland, ou même les moins connus Cowell, Creston ou Butterworth. La musique nordique est également présente avec Grieg, Sibelius ou Nielsen. Wagner, avec son Siegfried-Idyll, et Bizet, avec sa charmante symphonie en ut majeur, constituent les exceptions bienvenues du 19ème siècle. La perfection instrumentale, particulièrement caractéristique des musiciens britanniques, n’exclut pas parfois une certaine réserve. Néanmoins, ce bel album, qui réunit des œuvres plutôt rares au disque, brosse un tableau riche et varié, impeccablement joué, de la production musicale du siècle dernier.

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