Disques

Dans les pas de Kirsten Flagstad et Birgit Nilsson ?

Comme ses illustres consœurs scandinaves du siècle dernier, la Norvégienne Lise Davidsen se forge une aura de wagnérienne dès son plus jeune âge (elle a à peine 32 ans !). Elle se voit d’ores et déjà couverte de prix (Operalia Placido Domingo en 2015) et engagée dans des festivals et des théâtres prestigieux, ou du moins qui l’ont été. C’est ainsi qu’elle vient de chanter à Bayreuth cette année (Tannhaüser).
Surfant sur l’engouement qu’elle suscite, DECCA lui offre derechef un enregistrement studio avec rien moins que le Philharmonia Orchestra sous la direction d’Esa-Pekka Salonen. Excusez du peu ! Autant dire un accompagnement somptueux si tant est que le mot accompagnement corresponde bien à l’éblouissante interprétation de ces pages musicales signées Richard Wagner et Richard Strauss.

Personnage signature de sa toute jeune carrière, l’Elisabeth de Tannhaüser ouvre le ban avec l’air d’entrée de la nièce du Landgrave Hermann, un air couronné par un si naturel de toute beauté. Le timbre est clair, rappelle plus celui de Nilsson que de Flagstad assurément.

L’air du troisième acte montre une plénitude de phrasé rendant parfaitement justice à cette prière contemplative, même si l’interprétation manque ici d’émotion. Remarque identique pour le grand solo d’Ariane de l’Ariane à Naxos de Richard Strauss : Es gibt ein Reich.

Le phrasé est impérial mais si les si bémol lorsqu’elle évoque le nom d’Hermès sont foudroyants, les la bémol graves lorsqu’elle fait allusion au Royaume des morts (Totenreich) ne passent que timidement le cap du micro. La suite, entièrement consacrée au répertoire de mélodies de Richard Strauss, se clôt avec les Quatre derniers lieder. In fine, ce programme somptueux nous dit quoi sur cette cantatrice venue du froid ? Une grande voix certainement en terme de volume, couronnée par une tierce aigüe au laser propre à émotionner, mais dont l’ambitus et la projection se réduisent au fur et à mesure que l’on s’éloigne du registre supérieur. Lumineux, le timbre se colore parfois d’un métal d’airain que des attaques non vibrées rendent trop présent.

Musicienne, Lisa Davidsen aborde le répertoire du lied avec une franchise de ton qui est l’apanage enthousiaste des carrières débutées de fraîche date. Autant dire que cette soprano a du mal à maîtriser un instrument qui parfois lui échappe, surtout dans le répertoire si complexe du lied. Depuis trois ans, Lise Davidsen enchaîne Ariane, Elisabeth, des seconds rôles tétralogiques, bientôt Leonore du Fidelio de Beethoven ! La question que pose cet enregistrement est de savoir si techniquement cette soprano est déjà prête pour une telle aventure sur du long terme. Nous le lui souhaitons de tout cœur bien évidemment.

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