J’étais enclin à considérer chez moi le surgissement de l’écriture, à la toute fin du siècle passé, comme une deuxième naissance…. Philippe Besson pose, dès les premières pages de son dernier livre, le jalon essentiel de son propos. Quelques lignes plus loin : Dès lors je devais admettre que celui que j’avais été avant ce surgissement avait littéralement disparu. Ce faisant, il ouvre le chapitre de ses souvenirs et nous présente « celui que j’avais été ». Une autobiographie ? Oui, mais pas simplement. Au travers de ce livre, c’est l’autobiographie de toute une génération. Né en 1967, l’auteur publiera son premier roman en 2001. Ce sera En l’absence des hommes. Le présent opus est donc un long panorama s’étendant des années 70 à cette date-là. Il nous parle de sa jeunesse bien sûr, de ses premiers émois amoureux dans lesquels il prend conscience que ses héros sont des hommes. Il l’assume. Ses études le propulsent DRH, alors que la littérature le taraude en permanence. Fin observateur de la vie politique et culturelle de ces temps frappés par le sida, l’auteur en fait une analyse sans économie aucune, conjuguant l’émotion au scandale, l’ostracisme lié à son homosexualité aux amours éphémères à un système d’enseignement déjà à l’agonie.

Dialoguant entre intime et universel, cette confession d’un enfant de la génération X ne peut que nous interpeller.
Un témoignage précieux.
Robert Pénavayre
« La première phrase du premier livre » Philippe Besson – Editions Julliard – 239 pages – 21€
