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Le dernier cercle infernal de la drogue

Angelina Delcroix - Photo : Pascal Ito

De tout temps, lorsqu’il était question de drogue, le commun pensait à son consommateur qui, irrémédiablement, détruisait sa vie. Aujourd’hui, le trafic des substances illicites est devenu une véritable industrie jonglant avec des centaines de milliards d’euros, devenant de fait un enjeu autant économique que politique planétaire.  Hallucinant ! Nous le savons aussi, des mafias de tous pays tentent de s’approprier un tel marché, ou du moins une partie en sécurisant des zones de deal, mettant en place une architecture pyramidale. Mais pour tout cela il faut du personnel. Les trafiquants ont donc recours aux jeunes. Mineurs de préférence. Ils les recrutent auprès des populations marginalisées géographiquement, les banlieues et leur cortège de gamins abandonnés par les pouvoirs publics. Ils font aussi leur marché parmi les drogués en quête effrénée de paradis artificiels.

Le roman d’Angelina Delcroix nous met dans les pas d’Anders, un éducateur travaillant auprès des jeunes des quartiers sensibles. C’est un homme de terrain. Il suit de près l’évolution de la situation et les modes de recrutements via les réseaux.  Il s’est attaché particulièrement à Oscan, un ado fragile qu’il redoute de voir basculer.

Parfaitement documentée sur cet univers, aidée en cela par un éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse, par des médecins, pédopsychiatre et psychiatre expert près la cour d’appel de Paris, la romancière nous entraîne à la suite d’une organisation criminelle à la recherche de « chair fraîche » pour ses basses œuvres. Autant vous prévenir, si le livre est palpitant et passionnant, cela ne l’empêche pas de vous procurer des frissons d’angoisse car tout cela, et il n’est que d’écouter les actualités, se passe sous nos yeux et tous les jours.  Mais limiter ce livre à un thriller serait réducteur. L’ambition assumée de l’auteur est de nous donner les clés de la fabrique du mal, ou comment un gamin, fragile certes, peut devenir un tueur sans aucun remord.

Un journaliste va tenter de faire tomber l’organisation en révélant des informations dans un bouquin. Il va le payer cher….

Alors un polar, oui, et de la meilleure eau qui plus est, mais tellement plus !

Robert Pénavayre

« La Fabrique du Mal », roman d’Angelina Delcroix – Editions Michel Lafon – 21.95€ – 456 pages

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